Joseph Toe, CAL Project Coordinator for Sub-Saharan Africa: "the proportion of Temporal workers may reach 80% of the permanent workforce ".
Interview avec Joseph Toe, Coordinateur de Projet CAL pour la Région de l’Afrique Sub-saharienne de l’ICEM
Quel est l’impact de la question du travail intérimaire et en sous-traitance ainsi que du travail précaire en Afrique?
Dans certains cas, la proportion de travailleurs temporaires peut
atteindre 80% de la main d’œuvre permanente. La dérégulation du marché
de l’emploi a accéléré ce processus.
Quels facteurs ont eu un impact sur le recours au CAL?
Les ajustements structurels imposés par les institutions de Bretton
Woods ont affectés négativement le contexte institutionnel de l’emploi à
deux niveaux :
• La dérégulation du marché de l’emploi et la réalité des choses qui ont
fait que l'utilisation du travail devait devenir plus flexible, et
• La réduction de la participation syndicale et l’inaptitude de la
société civile à faire réellement entendra sa voix par rapport aux
mesures antisociales prônées par les institutions prêteuses.
L’arrivée des investisseurs asiatiques a également déstabilisé le marché
du travail en Afrique et a mis en péril les avancées sociales.
En quoi consiste le Projet CAL pour la Région de l’Afrique Sub-saharienne de l’ICEM
Le Projet CAL pour la Région de l’Afrique Sub-saharienne de l’ICEM a
débuté fin février 2009 et couvre 8 pays : la Guinée, l’Ile Maurice, le
Mozambique, la Namibie, le Nigeria, le Sénégal, le Sierra Leone et
l’Afrique du Sud. Les pays ciblés et sélectionnés ont tous été
identifiés comme étant des nations où la question du travail intérimaire
et en sous-traitance est répandue, mais aussi où il y a des syndicats
relativement forts. Ceci veut dire qu’il y a des possibilités de mener
des actions et d’obtenir des progrès raisonnables sur cette question
Quels sont les objectifs du Projet?
Le projet vise à développer des stratégies syndicales et à rechercher
les meilleures pratiques pour traiter les problèmes relatifs au travail
intérimaire et en sous-traitance en Afrique Sub-saharienne. Il vise à
créer une coordination régionale cohérente pour traiter le problème. Il
préconise que les gouvernements prennent des initiatives et mettent en
œuvre les politiques nécessaires pour mettre le holà à l’utilisation des
contrats temporaires et pour réglementer les agences privées. Il vise à
effectuer de la recherche spécialisée et de haut niveau au plan
régional, à construire les capacités organisationnelles pour mener à
bien des campagnes CAL et à créer un réseau pour l’échange d’information
et d’expériences entre les affiliés de l’ICEM par rapport à toutes ces
questions dans notre région.
La formation est basée sur un certain nombre d’outils simples et
pratiques conçus au départ d’exemples en provenance du monde entier. A
la fin de chaque session, un plan d’action est mis sur pied pour décider
des mesures qui devront être prises au niveau national en synergie avec
les affilés des autres FSI et des lignes directrices sont définies afin
qu’elles soient incorporées à la Campagne mondiale de l’ICEM sur le
CAL. Pour mettre en œuvre le plan national, un mécanisme de suivi qui
fait partie du plan d’action est défini et des responsables en charge de
sa mise en application sont désignés.
L’implication des syndicats est indispensable pour neutraliser le
développement de l’outsourcing et de l’emploi temporaire, en particulier
lorsque l’on sait qu’il est présent partout et affecte tous les
secteurs industriels et de service. Les pays d’Afrique sub-saharienne
sont gravement affectés par cette problématique et réagissent pour
pouvoir juguler et/ou réduire ses effets pervers. Le Projet CAL pour la
Région de l’Afrique Sub-saharienne de l’ICEM encourage également les
syndicats et les assiste pour :
• La mise en place de recrutement syndical et d’une capacité à négocier;
• Institutionnaliser les négociations sectorielles et renforcer l’unité
d’action syndicale, qui est nécessaire pour combattre l’outsourcing, le
pourvoi de main d’œuvre et les agences d’intérim. Il se bat pour que
soient réglementés les agences de placement et le recours à
l’outsourcing et pour être impliqué dans ce processus correctif ;
• Renforcer la solidarité entre les travailleurs permanents et les intérimaires ;
• Former ceux qui syndiquent les travailleurs temporaires;
• Négocier des conventions collectives qui comprennent des clauses sur
le recours systématique à l’outsourcing et au travail occasionnel, dans
le but d’améliorer les conditions de travail et de réduire les
conséquences du travail occasionnel;
• Faire campagne pour la transformation du travail occasionnel en emploi permanent
• Développer des stratégies pour les travailleurs CAL, en mettant
l’accent sur le travail décent et la prise en comptes des questions de
genre et de race dans ces stratégies;
• Organiser des campagnes et du lobbying au niveau national et
international contre le travail occasionnel et développer des plans
d’action destinés à éradiquer le phénomène des zones franches
d’exportation (ZFEs);
• Mener des études sur les conséquences des activités des agences de
sous-traitance et d’outsourcing dans le contexte des disparités
croissantes et des inégalités entre les strates sociales. Ceci signifie
aborder les questions liées aux Objectifs du Millénaire pour le
Développement 2015, l'Agenda du travail décent en Afrique : 2007-2015,
le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), le
Programme pour le développement humain durable, et les Principes
tripartites et de Dialogue social qui servent de base à l’OIT.
L’emploi occasionnel affecte les valeurs positives du travail, qui développent, distinguent et socialisent l’être humain.

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